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    Copyright Patrick Vich - Illustrations Photos de Patrick GEORGE avec le concours des Modèles Delphine et Nina      

Histoire et développement de l'école japonaise (Nawakesho) ou occidentale (Bondage)

Le BDSM a éprouvé une reprise d'intérêt énorme au Japon depuis ces 30 dernières années tout comme en occident d’ailleurs. Cet intérêt pour l'art japonais du SM ou du jeu de corde n'est, cependant, pas un phénomène moderne. L'utilisation de la corde sous toutes ses formes dans la société japonaise date d’au moins 500 ans.

Les années sombres du Japon ou le règne de Tokugawa

Quand nous pensons au SM ou au DS en termes d'expérience japonaise nous pensons de suite aux "années noies du Japon" durant les périodes de guerre du 16ème siècle institué selon la règle de Tokugawa. Quand Columbus naviguait sur le bleu de l'océan en 1492 pour trouver l'Amérique, la société japonaise vécu une période sombre et tortueuses sous un règne de dictature qui durerait jusqu'au 1560.
Selon la règle de Tolugawa, en 1742 on a décrété un système des codes criminels qui ont présenté 4 types de torture en utilisant la corde pour des criminels. La première était de s’en servir pour fouetter ou flageller, la seconde était d’attacher une pierre au bout et de s’en servir comme masse d’arme, la troisième consistait a créer des points de compression infligeant des séquelles graves et irréversibles et enfin la quatrième, la suspension qui durait des heures voir des jours. Ces pratiques extrêmement cruelles sont la base du jeu moderne du
SM Japonais.
L’utilisation de la corde comme fouet ou pour flageller constituait l’étape la plus douce et était appliquée pour les peines les moins graves. Pour une peine plus grave on appliquer le second code puis le troisième et enfin le quatrième. Dans les trois derniers codes, la mort était généralement l’issus de la punition.
Ces méthodes très cruelles et barbares ont pris fin en même temps que les guerres. L’utilisation de la corde comme un outil de torture n’avait plus lieu De nos jours, plusieurs de ces qualifications et techniques sont à la base de l'utilisation moderne de la corde sous ses formes érotiques courantes.

Période D'Edo

Après la période sanglante de Shinkoku, au début de la période d'Edo (1600-1878), certains prétendent que l'évolution de l’usage de la corde dans les méthodes de tortures du 16ème siècle soit une forme d’art érotique. En effet une technique appelé Hojo-jutsue ou Hobaku-jutsu a été développé. Le Hobaku-jutsu était un art martial très spécial employé pour attraper des criminels et pour retenir des prisonniers. Une technique précise de l’usage de la corde pour attacher et contraindre un prisonnier a vu le jour. Les méthodes étaient très réservées, et chaque village avait sa propre méthode. Le modèle de corde employée, reflété la classe sociale du criminel.
Un criminel ne pouvait être attaché ou suspendu qu'en public, et l'observateur pouvait dire par la façon dont il était attaché, quel était l'âge de la victime, la classe sociale du criminel, le crime qui avait commis, et également parfois la profession de la victime.
L’utilisation de la corde comme forme érotique est très flou pendant cette période et nous n’avons trouvé aucun écrit pouvant clairement nous renseigner sur son usage.

Le bondage moderne

À la fin de la période d'Edo vers la fin du dix-neuvième siècle quelques images érotiques japonaises sont apparues, où l’usage de la corde y est représenté. Si elle existait avant cela, on ne le connaît dans aucun sens historique, seulement des récits ou légendes en font mention. Dans les années soixante-dix l’engouement pour l’usage de la corde réapparu au japon.
L’art moderne des jeux de corde n'est pas cruel ou encore moins une pratique de torture comme malheureusement bien des vidéos nous le présente. Il est un consensuel, avec des frontières définies, et peut-être encore plus au Japon qu’en occident a l’exception des pratiquants du Nawashibari ou Nawakesho, le
BDSM est une imagination très soigneusement prévue et exécutée.
Puisque la corde est bien plus dangereuse que beaucoup d'activités corporelles comme flageller ou donner une fessée, il y a une attention toute particulière pour la sûreté parmi les artistes Nawashi. D’où un travail d'équipe basé sur le respect, la complicité, la confiance dans et en dehors du jeu. L’image de la femme vulnérable et délaissée du fait d’être attachée ne doit pas faire d’elle une victime, bien au contraire elle devient la femme offerte libre de se laisser dériver dans ses fantasmes contrainte aux jeux qu’elle en attend et n’aspire qu’à recevoir. Bien trop de photos ou vidéos sur le bondage occidental ou l’on voit une fille torturée, souffrir ne font que ternir l’image de ce qu’est l’art du Nawakesho .
99,99% des images que nous voyons sur le Shibari ou Nawakesho représentent un homme attachant une femme, ceci ne reflète pas la réalité. Avec la libéralisation des mores sexuelle dans les années 70, la participation de la femme dans le
SM en tant que Dominatrices ou Maîtresses et de plus en plus fréquent. Avec cette émancipation est apparu une nouvelle tendance le « Fétichisme » répondant à des règles vestimentaires Latex, cuir, uniformes. Au japon ces maîtresses s’appellent "jo-osama" et leur clientèle sont des hommes, qui payent à l'heure pour adorer de hauts talons, soit fouetté ou humilié.
Actuellement, il y a environ 30 artistes reconnus au Japon. En France deux ou trois pratiquent véritablement le NawaShibari ou NawaKesho. Très peu peuvent prétendre au grade de sensei ou maître. Ils considèrent tous leur discipline comme étant un véritable art martial, répondant à des règles et connaissances très strictes, issus des anciennes méthodes de bondage et torture pratiquées pendant prés de 500 ans.
Le policier japonais moderne porte toujours un morceau de corde sur son uniforme.
Bien que très sécurisé, la pratique du Nawakesho reste une discipline dangereuse, et doit être pratiquée par des gents initiés aux bases même de cet art. Des cours vont être mis en place, ainsi qu’un forum afin de donner des conseilles et d’échanger nos connaissances.
Le Nawakesho étant un art. Le Nawashi (le maître) devant sa toile (sa partenaire), quoi de plus valorisant que de montrer son œuvre à un publique de connaisseur ou découvrant ce nouvel art et de recevoir des éloges sur son travail ? C’est cette image que nous nous efforçons, les nawashis français, a faire véhiculer.
Les rapports entre l’artiste et sa toile sont très profonds et intensément érotiques. La corde est un des outils érotiques les plus puissants, venant caresser les parties les plus intimes de la partenaire, la forçant à ce dévoiler lui donnant des sensations toujours nouvelles, la complicité entre les deux acteurs ne peut être vu mais semble être palpable.